« À consommer jusqu’au » et « à consommer de préférence avant » ne veulent pas dire la même chose, et confondre les deux coûte cher. L’une est une limite de sécurité qu’on ne discute pas. L’autre est une promesse de qualité, qui n’interdit rien du tout. C’est cette nuance qui remplit les poubelles françaises de produits parfaitement consommables — près de 7 kilos par personne et par an, encore emballés.

  1. DLC = « à consommer jusqu’au » : sécurité. Dépassée, on ne consomme pas.
  2. DDM = « à consommer de préférence avant » : qualité. Dépassée, le produit reste consommable.
  3. La vente reste autorisée après une DDM, jamais après une DLC.
  4. Certains aliments n’ont aucune date : sel, sucre, vinaigre, alcools forts.
  5. Selon l’Ademe, environ 30 kg de nourriture sont jetés par personne et par an, dont 7 kg non déballés.

La DLC : une vraie limite

Elle s’écrit « à consommer jusqu’au » et concerne les denrées périssables conservées au froid : viandes et poissons frais, charcuterie, plats traiteur, produits laitiers frais, salades en sachet.

Ce que cette date mesure, c’est le moment où la flore microbienne du produit peut devenir dangereuse. Elle n’est pas indicative : après la DLC, la vente est interdite et la consommation déconseillée sans nuance. C’est particulièrement vrai pour les produits réfrigérés prêts à consommer, terrain de prédilection de la listeria — cette bactérie a la particularité redoutable de continuer à se développer à la température d’un réfrigérateur.

Corollaire souvent oublié : une DLC ne vaut que si la chaîne du froid a tenu. Un produit oublié deux heures dans un coffre de voiture en été n’est plus garanti par sa date.

Étagères de réfrigérateur remplies de bocaux et de boîtes de restes
Deux mentions, deux significations très différentes. Photo d’illustration.

La DDM : une promesse, pas une interdiction

Elle s’écrit « à consommer de préférence avant le » (ou « avant fin »), et concerne les produits stables : conserves, pâtes, riz, biscuits, café, épices, huiles, produits secs.

Ce qu’elle garantit, c’est que le fabricant assure les qualités du produit jusqu’à cette date — goût, texture, teneur en vitamines. Au-delà, le produit peut perdre du croquant, du parfum, de la couleur. Il ne devient pas dangereux.

C’est pour cette raison que la vente reste autorisée après une DDM, à condition que le produit soit sain et que l’information soit donnée. C’est le fondement même des rayons anti-gaspi et des applications de déstockage alimentaire.

Ce qu’on jette à tort, concrètement

Le cas particulier des œufs

Un œuf porte une date de consommation recommandée, fixée à 28 jours après la ponte, alors que la vente s’arrête plus tôt. Le test qui tranche existe depuis toujours et fonctionne : plonger l’œuf dans un grand verre d’eau froide.

S’il reste couché au fond, il est très frais. S’il se redresse, il est encore bon mais à cuire. S’il flotte, on le jette — la poche d’air a grossi, signe qu’il est vieux.

Et ceux qui n’ont pas de date du tout

Ce n’est pas un oubli : la réglementation dispense de date une liste de produits. Le sel, le sucre, le vinaigre, les alcools forts, les fruits et légumes frais non transformés et les chewing-gums n’en portent pas.

Le bon réflexe de rentrée, quand on vide le placard : commencer par trier ce qui porte une DLC, appliquer la règle strictement, puis passer sur les DDM avec les yeux et le nez plutôt qu’avec le calendrier. Et pour ce qui approche de la limite, le planifier dans les dîners de la semaine vaut mieux que le repousser au fond de l’étagère.

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