Le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a écarté ce mercredi 26 août sur RTL l’hypothèse d’un « septembre rouge » sur les prix alimentaires. Il annonce des étiquettes « proches de la stabilité », avec une hausse d’environ 1 % seulement, et un panier de rentrée en baisse. Reste une nuance que les annonces ne disent pas : stable ne veut pas dire moins cher, et la moyenne cache des écarts par rayon.

  1. Environ +1 % sur les prix alimentaires selon le PDG de Carrefour, soit « proche de la stabilité ».
  2. Pas de « septembre rouge » attendu à la rentrée, contrairement aux craintes exprimées cet été.
  3. Le panier de la rentrée scolaire baisse réellement : 180,80 € pour une entrée en 6e, soit −30,30 € en un an.
  4. Attention au piège : stabilité ≠ baisse. Les prix se maintiennent à un niveau déjà élevé après trois ans d’inflation.
  5. Le point de vigilance : les tensions sur l’énergie et les engrais pourraient se répercuter sur les récoltes de l’an prochain.

Ce qu’a dit exactement le patron de Carrefour

Invité sur RTL le matin du 26 août 2026, Alexandre Bompard a livré ce qu’il a présenté comme « deux bonnes nouvelles pour les familles » : des prix alimentaires stables et un panier de rentrée moins cher que l’an dernier.

Sur l’alimentaire, sa formulation est précise : quand les clients viennent en magasin, ils trouvent « des prix autour de 1 % d’augmentation, c’est-à-dire proche de la stabilité ». Il n’y a, selon lui, « pas de raison » d’anticiper une forte hausse dans les prochains mois.

C’est une réponse directe aux craintes d’un « septembre rouge », l’expression qui circulait cet été pour désigner une remontée brutale des étiquettes à la rentrée.

« Stables » ne veut pas dire « moins chers »

C’est la nuance que l’annonce laisse de côté, et c’est pourtant elle qui compte au moment de passer en caisse.

La stabilité annoncée est une stabilité par rapport à aujourd’hui. Après trois années de forte inflation alimentaire, elle signifie que le niveau élevé atteint se maintient — pas qu’il redescend. Un panier stable en 2026 reste un panier nettement plus cher qu’en 2021.

Deuxième nuance : +1 % est une moyenne. Elle additionne des rayons qui baissent et des rayons qui montent. Les produits frais, en particulier, dépendent des récoltes et des saisons bien plus que des négociations commerciales — ce sont d’ailleurs eux qui bougent le plus vite quand les fruits et légumes d’été quittent les étals début septembre.

Chariot de supermarché rempli de fruits et légumes dans un rayon frais lumineux
Les produits frais sont les plus sensibles aux variations saisonnières, bien plus que les prix négociés. © Online Food

Le panier de la rentrée scolaire, lui, baisse vraiment

Sur ce point, les chiffres sont plus nets — et ils ne viennent pas des distributeurs mais d’une association de consommateurs.

Selon la 42e enquête annuelle de Familles de France, le panier moyen de fournitures pour une entrée en 6e s’établit à 180,80 € en 2026, contre 211,10 € un an plus tôt. Soit 30,30 € de moins, une baisse de 14,35 % en un an.

Attention toutefois à ne pas confondre les deux sujets : ce panier-là mesure les fournitures scolaires, pas l’alimentaire. Les deux baisses annoncées ne portent pas sur les mêmes produits.

Le vrai point de vigilance : les récoltes de l’an prochain

Alexandre Bompard a lui-même posé une réserve, moins reprise que ses « bonnes nouvelles » : les tensions actuelles sur l’énergie et les engrais peuvent produire des effets décalés sur les récoltes de l’année suivante.

Autrement dit, la stabilité annoncée porte sur les prochains mois, pas sur 2027. Le coût des intrants agricoles met généralement plusieurs saisons à se retrouver dans les étiquettes.

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Trois réflexes restent utiles, stabilité ou pas :

La déclaration d’un distributeur reste une déclaration de distributeur. Les prochains relevés officiels de l’INSEE, publiés chaque mois, permettront de vérifier si le +1 % annoncé se retrouve bien en caisse.

Sources : déclarations d’Alexandre Bompard sur RTL le 26 août 2026, reprises par Le Parisien et BFM. Chiffres du panier de fournitures : 42e enquête annuelle Familles de France.

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