L’alimentation dans son ensemble n’augmente que de 1,1 % sur un an en août. Mais les produits frais, eux, bondissent de 5,8 %. C’est ce que montre l’estimation provisoire publiée par l’Insee le 28 août 2026 — et l’écart entre les deux chiffres explique pourquoi votre ticket de caisse ne ressemble pas aux statistiques.

  1. Produits frais : +5,8 % sur un an en août, contre +3,8 % le mois précédent.
  2. Alimentation hors frais : +0,5 % seulement — l’épicerie se calme.
  3. Alimentation totale : +1,1 %, un chiffre qui masque tout le reste.
  4. Inflation d’ensemble : +2,4 % sur un an, tirée par l’énergie (+16,7 %).
  5. Chiffres provisoires : les définitifs sont attendus le 15 septembre.

Le chiffre qui compte : +5,8 %

C’est l’accélération la plus nette du panier alimentaire. En juillet, les produits frais progressaient déjà de 3,8 % sur un an. En un mois, la hausse a gagné deux points.

Derrière « produits frais », l’Insee regroupe les fruits, les légumes, les produits de la mer et une partie des produits laitiers et carnés frais — c’est-à-dire précisément la part du caddie la plus visible, celle qu’on remplit chaque semaine.

Pourquoi la moyenne ne veut rien dire ici

Le chiffre global de +1,1 % pour l’alimentation est exact, et pourtant il ne décrit l’expérience de personne. Il résulte d’une moyenne entre deux mouvements opposés : d’un côté les produits frais à +5,8 %, de l’autre l’épicerie et les produits transformés à +0,5 %.

Concrètement, un foyer qui cuisine beaucoup de produits frais subit une hausse bien supérieure à la moyenne annoncée. Un foyer qui achète surtout des conserves, des surgelés et des produits secs voit ses prix quasiment stables. Ce n’est pas une question de perception : ce sont deux réalités statistiques différentes.

Étal de fruits et légumes frais dans un marché avec étiquettes de prix
Les produits frais accélèrent quand l’épicerie se stabilise. Photo d’illustration.

La cause : un été de chaleur

L’explication principale est climatique. Les vagues de chaleur et la sécheresse de l’été 2026 ont réduit les rendements sur plusieurs cultures maraîchères, et un volume plus faible en tension fait mécaniquement monter les prix.

Les remontées de terrain vont dans ce sens : la salade a vu son prix augmenter d’environ 40 % en un an dans la région toulousaine, une hausse directement attribuée à la sécheresse par les professionnels. Le même effet touche l’élevage, où les calendriers de production se déforment saison après saison.

Ce que ça change pour la rentrée

Trois conséquences pratiques se dégagent de ces chiffres.

À noter aussi : ces chiffres sont une estimation provisoire. L’Insee publiera les données définitives le 15 septembre, avec des révisions possibles de quelques dixièmes de point.

Et les annonces des enseignes ?

Elles ne se contredisent pas nécessairement. Quand une enseigne annonce des prix stables à la rentrée, elle parle surtout de ses marques propres et de son épicerie — le rayon où l’inflation est effectivement retombée à +0,5 %. Le frais, lui, dépend des cours agricoles, que le distributeur ne fixe pas. C’est ce qui explique l’écart avec les communications rassurantes de la grande distribution.

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