Sur 82 goûters pour enfants passés au crible, 91,3 % sont ultra-transformés. Le chiffre vient de 60 Millions de consommateurs, qui a travaillé avec l’équipe de l’application Yuka sur 35 marques nationales et de distributeurs. À l’heure de remplir le placard de la rentrée, le détail compte plus que le pourcentage : toutes les familles de goûters ne se valent pas, et l’écart est énorme.

  1. 82 produits analysés, issus de 35 marques nationales et de distributeurs.
  2. 91,3 % présentent au moins un marqueur d’ultra-transformation.
  3. Les moelleux au chocolat en cumulent neuf en moyenne.
  4. Trois références dépassent 43 g de sucre pour 100 g.
  5. Les aliments ultra-transformés pèsent 46 % des apports énergétiques des enfants, contre 36 % chez les adultes.

Ce que l’étude a mesuré, exactement

L’analyse, publiée dans le hors-série de juin-juillet 2026 de 60 Millions de consommateurs, ne porte pas sur le goût ni sur le prix mais sur la composition. Les compositions de dizaines de biscuits et de viennoiseries ont été extraites de la base de données de Yuka, puis analysées à la recherche de marqueurs d’ultra-transformation : ces ingrédients qu’on ne trouve jamais dans une cuisine — amidons modifiés, arômes, émulsifiants, sirops de glucose, protéines fractionnées.

Le résultat brut est sans appel : 91,3 % des 82 produits en contiennent au moins un. Mais la moyenne cache l’essentiel.

Biscuits et gâteaux industriels posés sur une table en bois
Toutes les familles de goûters ne se valent pas. Photo d’illustration.

Le classement, du pire au moins mauvais

Les goûters à base de chocolat cumulent deux défauts : ils sont les plus riches en sucre et les plus chargés en ingrédients de formulation. Neuf marqueurs d’ultra-transformation en moyenne pour les moelleux au chocolat, sept pour les biscuits fourrés, six pour les biscuits au chocolat.

Trois références sont nommément citées pour dépasser 43 grammes de sucre pour 100 grammes : Kinder Délice, Kinder Country et la barquette au chocolat de Lulu (LU). À l’inverse, certaines marques font des efforts — le gâteau marbré Bonne Maman est cité avec un seul marqueur et moins de sucre.

À l’autre bout du classement, deux familles s’en sortent :

Pourquoi le sucre pose un problème au-delà du sucre

Ce n’est pas seulement une question de calories. Une composition très sucrée et pauvre en fibres rend le goûter hyperagréable au goût et peu rassasiant. L’enfant a envie d’en reprendre — et deux portions suffisent parfois à atteindre la dose de sucre recommandée pour toute la journée — sans être calé pour autant.

On rate alors l’objectif même du goûter, qui est d’éviter la fringale et le coup de barre entre le déjeuner et le dîner. Un goûter raté, c’est un dîner attaqué le ventre déjà plein de sucre.

Le goûter qui tient, sans rien acheter de spécial

La recommandation qui ressort de l’étude est simple, et elle ne demande ni budget ni organisation : associer un pain au lait nature ou quelques biscuits secs à un fruit frais ou un produit laitier. C’est ce qui rassasie, parce qu’on combine des glucides, un peu de protéines et des fibres.

La condition, précisée noir sur blanc : ne pas recouvrir le pain au lait de pâte à tartiner, ce qui annulerait tout le bénéfice.

Et le fait maison reste imbattable en composition : un gâteau au yaourt ou des sablés maison ne comptent aucun marqueur d’ultra-transformation, par construction.

Ce que ce chiffre dit du reste du placard

Le goûter n’est pas une exception. Les enfants tirent 46 % de leurs apports énergétiques d’aliments ultra-transformés, contre 36 % pour leurs parents — un écart qui s’explique justement par les catégories qui leur sont destinées. Une précédente enquête de 60 Millions avait trouvé des ingrédients fractionnés, sucres transformés, émulsifiants et arômes dans 81 % de 43 produits pour enfants, des produits laitiers aux viandes.

Et l’ultra-transformation n’est pas le seul reproche fait aux produits céréaliers du quotidien : c’est aussi par eux que passe l’essentiel de l’exposition des enfants au cadmium.

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