Sur 36 paquets de spaghettis et de penne analysés par 60 Millions de consommateurs, plus de 80 % contiennent du cadmium. Deux références seulement en sont totalement exemptes. Mais avant de vider vos placards, un point capital : aucune des 36 références testées ne dépasse la limite réglementaire européenne. Voici ce que dit vraiment cette étude.

  1. Étude publiée par 60 Millions de consommateurs le 27 août 2026.
  2. 36 références testées : 18 penne rigate et 18 spaghettis.
  3. Plus de 80 % contiennent du cadmium à l’état de traces.
  4. Aucune ne dépasse la limite européenne de 0,18 mg/kg.
  5. Deux références sans cadmium détecté : les penne sans gluten Repère (E.Leclerc) et les penne U.

Ce qui a été testé, exactement

Le magazine a analysé 36 paquets couvrant tout le rayon : marques nationales, marques italiennes, marques de distributeurs, pâtes complètes, sans gluten et enrichies en protéines. Parmi les marques passées au crible figurent Barilla, Panzani, Lustucru, Rummo et Delverde.

L’échantillon a été volontairement large pour vérifier une hypothèse simple : le cadmium est-il lié au prix, à l’origine ou au type de pâte ? La réponse est qu’il est présent à peu près partout, à des degrés divers.

Le point que beaucoup d’articles oublient

C’est l’information la plus importante, et elle mérite d’être répétée : aucune des 36 références ne franchit le seuil réglementaire, fixé à 0,18 mg par kilo dans l’Union européenne.

Autrement dit, il ne s’agit pas d’un scandale sanitaire ni d’un produit à retirer du marché. Il s’agit de la mesure d’une exposition de fond, chronique et légale, à un métal qu’on préférerait ne pas trouver dans un aliment aussi quotidien.

La nuance n’est pas cosmétique : elle distingue cette étude d’un véritable rappel produit pour contamination, où le produit doit être rapporté immédiatement. Ici, rien à rapporter.

Spaghettis et penne crus disposés sur un plan de travail en bois
36 références testées, dont Barilla, Panzani, Lustucru, Rummo et Delverde. Photo d’illustration.

D’où vient ce cadmium

Il ne vient pas de l’usine mais du sol. Le cadmium est un métal naturellement présent dans la croûte terrestre, dont la concentration dans les terres agricoles a été augmentée par des décennies d’engrais phosphatés et de retombées industrielles.

Le blé dur, matière première des pâtes, a la particularité de l’absorber facilement par ses racines. C’est une caractéristique de la plante, pas un défaut de fabrication : à sol identique, tous les producteurs sont logés à la même enseigne.

Cela explique pourquoi le prix ou la notoriété de la marque ne prédisent pas grand-chose. Ce qui compte, c’est l’origine des grains et les sols dont ils viennent.

Pourquoi le cadmium pose question

Le cadmium est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique. Il s’accumule dans l’organisme, principalement dans les reins, avec une élimination très lente. C’est cette accumulation, et non une dose ponctuelle, qui fonde la préoccupation des autorités sanitaires.

D’où la logique réglementaire : réduire l’exposition de fond sur l’ensemble de l’alimentation, plutôt que d’interdire un produit en particulier.

Faut-il changer quelque chose à vos courses ?

Rien d’urgent, et surtout rien de spectaculaire. Les deux références sorties indemnes du test — les penne sans gluten Repère de E.Leclerc et les penne U — sont une information utile, mais un test à un instant T sur un lot donné ne garantit pas la performance du prochain lot.

La recommandation la plus solide reste celle qui vaut pour tous les contaminants de ce type : varier les féculents et les marques. Alterner pâtes, riz, semoule, légumineuses et pommes de terre réduit mécaniquement l’exposition à un contaminant lié à une seule filière.

Précision de méthode, par honnêteté : le détail des teneurs relevées référence par référence n’est consultable que dans le magazine. Nous ne reprenons donc aucun classement chiffré que nous n’avons pas pu vérifier nous-mêmes.

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