Monoprix rappelle deux barquettes de légumes prêts à cuisiner, pour une raison qui interroge : la présence d’heptachlore dans les courgettes. Ce pesticide est interdit en Europe depuis 1978. Comment une molécule bannie depuis quarante-sept ans se retrouve-t-elle dans une barquette vendue en août 2026 ? La réponse est dans le sol.
- Fiche officielle publiée le 28 août 2026 à 8 h 53 (n° 2026-08-0234).
- Deux produits Monoprix : « Légumes du soleil » 300 g et « Carottes courgettes » 300 g.
- Vendus du 10 au 24 août 2026, France entière, uniquement chez Monoprix.
- Motif : heptachlore au-dessus de la limite autorisée, détecté dans les courgettes.
- Cet insecticide est interdit dans l’Union européenne depuis 1978.
Les produits et les dates concernés
Deux références sont visées, toutes deux en barquette plastique de 300 g sous marque Monoprix :
- « Légumes du soleil » — code-barres 3350034011846, dates limites de consommation des 17, 18, 19, 20 et 24 août 2026
- « Carottes courgettes » — code-barres 3350034011815, dates limites des 17, 18, 20 et 24 août 2026
Compte tenu de ces DLC, la plupart des barquettes ont déjà été consommées ou jetées. Le rappel garde néanmoins son sens pour celles conservées au congélateur ou intégrées à une préparation. Un numéro consommateur est ouvert : 0 800 084 000, avec remboursement.
Un pesticide interdit depuis 1978 : comment est-ce possible
C’est le cœur de l’affaire, et ce n’est pas une négligence de l’agriculteur. L’heptachlore a été massivement utilisé dans les années 1950 à 1970, puis interdit en Europe par une directive de 1978. Il est aujourd’hui classé polluant organique persistant par la Convention de Stockholm.
« Persistant » est le mot clé : cette molécule ne se dégrade quasiment pas. Elle est toujours présente dans certains sols agricoles, des décennies après le dernier épandage. Rien n’a été appliqué récemment ; c’est un héritage chimique du siècle dernier.

Pourquoi la courgette, et pas la carotte
Il existe une explication documentée, et elle tient à la botanique. La courgette appartient à la famille des cucurbitacées, avec la courge, le concombre et le potiron. Ces plantes ont une capacité particulière à absorber par leurs racines les résidus organochlorés présents dans la terre, puis à les concentrer dans le fruit.
Le phénomène est connu des agences sanitaires : la Belgique a connu des rappels de courgettes bio exactement pour ce motif, avec la même molécule. Le mode de culture n’y change rien, puisque la contamination ne vient pas d’un traitement mais du sol lui-même.
Une précision d’honnêteté : cette explication s’appuie sur des cas documentés à l’étranger sur la même molécule et la même famille de légumes. L’enquête française sur ce rappel précis n’a pas été rendue publique.
Faut-il s’inquiéter si on en a mangé ?
Un dépassement de limite maximale de résidus est une non-conformité réglementaire, pas un seuil d’intoxication. Les limites sont fixées très en dessous des niveaux où un effet serait attendu, et elles intègrent de larges marges de sécurité.
Une consommation ponctuelle d’une barquette ne justifie donc pas d’inquiétude particulière. La logique du rappel est de faire sortir du marché ce qui n’est pas conforme, pas de traiter une urgence sanitaire. C’est la même distinction que pour les rappels sans risque sanitaire direct.
Ce que ce rappel raconte
Au-delà de deux barquettes, cette affaire illustre une réalité rarement expliquée : une partie de ce qu’on trouve dans nos assiettes dépend de décisions agricoles prises il y a cinquante ans. Interdire une molécule ne la fait pas disparaître des sols, et les contrôles continuent de la détecter longtemps après.
C’est aussi, à sa manière, une preuve que la surveillance fonctionne : cette molécule a été détectée, à des niveaux faibles, dans un produit de grande distribution — et le produit a été retiré.