Les graines de courge contaminées à la salmonelle viennent de ressortir là où on ne les attendait pas : dans des chocolats. Le confiseur Rannou-Métivier, à Montmorillon, rappelle depuis le 7 septembre ses pavés mendiants, en coffrets et en sachets, à cause d’un lot de graines de courge fourni par un tiers. C’est le même ingrédient qui a déjà envoyé 81 personnes chez le médecin depuis le mois de mai, et il continue de circuler d’un rayon à l’autre.

  1. Produit : pavés mendiants Rannou-Métivier, en sacs de 110 g et 210 g et en coffret de 310 g.
  2. Un seul lot : 18063210. Vendu du 28 juillet au 2 septembre, dans la Vienne (86) uniquement.
  3. Cause : salmonelle détectée sur les graines de courge d’un fournisseur, pas sur le chocolat.
  4. C’est le même ingrédient que dans l’épidémie nationale en cours depuis mai.
  5. Conduite à tenir : ne plus consommer, rapporter en magasin ou appeler le 06 85 03 29 79. Remboursement.

Un rappel local, une cause nationale

La fiche 2026-09-0084, publiée sur RappelConso le 7 septembre, ne concerne géographiquement qu’un département : la Vienne. Rannou-Métivier est une maison de Montmorillon, et ses pavés mendiants — des palets de chocolat garnis de fruits secs et de graines — ont été vendus dans ses propres points de vente entre le 28 juillet et le 2 septembre.

Mais le motif inscrit sur la fiche déplace le sujet bien au-delà de la Vienne. Il est formulé sans détour : « salmonelle sur les graines de courge de notre fournisseur ». Le chocolat n’est pas en cause, le confiseur non plus. C’est une matière première achetée ailleurs qui a été contaminée, puis incorporée à un produit fini.

C’est précisément le schéma de l’épidémie que Santé publique France suit depuis le printemps, et dont nous avions détaillé le bilan début septembre : 81 malades et 6 hospitalisations, sur une même souche de salmonelle présente depuis le mois de mai. Les graines de courge sont un ingrédient discret, vendu en vrac aux industriels comme aux artisans, et qui se retrouve aussi bien dans un pain aux céréales que dans un mélange apéritif ou, ici, dans une confiserie.

Graines de courge décortiquées en tas sur une surface sombre
Les graines de courge servent d’ingrédient dans des produits très différents, ce qui rend la traçabilité longue. Photo d’illustration.

Pourquoi une contamination d’ingrédient met des mois à se résorber

Quand c’est un produit fini qui est contaminé — un fromage, un lot de viande hachée — le rappel est net : une marque, des lots, une date, et l’affaire est close en quelques jours. Quand c’est un ingrédient, la logique s’inverse. Il faut remonter du produit malade au fournisseur, puis redescendre vers tous ses clients, chacun ayant fabriqué autre chose avec.

Ce travail prend des semaines, et il produit des rappels en cascade, décalés dans le temps et éparpillés géographiquement. C’est ce qu’on observe ici : une épidémie détectée en mai, un pic de fiches en septembre, et des produits qui n’ont rien à voir entre eux. Le même mécanisme avait été à l’œuvre pour une farine de sorgho bio dépassant largement la limite légale en mycotoxines.

Conséquence pratique pour le consommateur : le fait qu’un rappel soit limité à un département ne signifie pas que le problème l’est. Il signifie que ce fabricant-là vendait dans ce département.

Ce que fait la salmonelle, et pourquoi le chocolat n’aide pas

Les toxi-infections à salmonelles se déclarent 6 à 72 heures après la consommation, avec des troubles digestifs d’apparition brutale — diarrhée, vomissements — souvent accompagnés de fièvre et de maux de tête. Chez un adulte en bonne santé, cela passe en quelques jours. Chez un jeune enfant, une personne âgée ou immunodéprimée, l’infection peut être sévère et justifier une hospitalisation, comme dans les six cas déjà recensés cette année.

Un détail compte ici : le produit est une confiserie. Il ne sera ni cuit ni réchauffé avant d’être mangé, contrairement à des saucisses rappelées pour le même germe fin août, où la cuisson jouait un rôle protecteur. Et la salmonelle survit très bien dans un environnement sec et gras comme le chocolat : elle n’y prolifère pas, mais elle s’y conserve longtemps.

Autre point : un coffret de chocolats se garde, s’offre, se range dans un placard. Un lot vendu jusqu’au 2 septembre peut donc rester en circulation bien après la date du rappel — ce qui rend la vérification du numéro de lot d’autant plus utile.

Que faire si vous en avez

Le lot concerné porte le numéro 18063210. S’il correspond, la consigne est de ne plus consommer le produit et de le rapporter au point de vente, avec remboursement à la clé. Le fabricant a également ouvert une ligne consommateurs au 06 85 03 29 79.

Si le produit a été consommé sans symptôme après trois jours, il n’y a rien de particulier à faire. En cas de troubles digestifs avec fièvre dans les 72 heures, la recommandation est de consulter en mentionnant cette consommation : c’est cette information qui permet au médecin de demander une coproculture, et à l’enquête sanitaire de relier un cas de plus à la souche déjà identifiée.

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