Une viande hachée de race charolaise vendue chez Leclerc dans toute la France est rappelée depuis le 7 septembre pour une contamination à Escherichia coli shiga-toxinogène. Le détail qui compte : les barquettes ont été mises en rayon du 4 au 7 septembre, mais leur date limite de consommation court jusqu’au 13 septembre. Autrement dit, la plupart des paquets concernés sont encore au réfrigérateur, parfaitement présentables, et rien à l’œil ne les distingue.
- Produit : viande hachée de race charolaise façon bouchère 12 % MG, marque « Filière Alliance Locale – Nos Éleveurs Charolais », en barquettes noires.
- Vendue chez Leclerc, en France entière, du 4 au 7 septembre.
- DLC au 13 septembre : le produit n’est pas encore périmé, il est encore dans les frigos.
- Motif : présence d’E. coli shiga-toxinogène (STEC), une bactérie qui ne se voit ni ne se sent.
- Conduite à tenir : ne pas consommer, rapporter en magasin, remboursement.
Comment reconnaître les barquettes concernées
Le rappel, publié sur RappelConso le 7 septembre sous le numéro de fiche 2026-09-0089, vise la viande hachée de race charolaise façon bouchère à 12 % de matière grasse, commercialisée sous la marque Filière Alliance Locale – Nos Éleveurs Charolais. Elle se présente en barquettes noires, dans deux conditionnements — par 2 ou par 4 — auxquels s’ajoute le format dit « cheveux d’ange ».
Trois codes-barres sont visés : 3423310004846, 3423310004839 et 3423310004853. Tous portent la même date limite de consommation : le 13 septembre 2026. C’est le repère le plus simple à vérifier, parce qu’il est imprimé en clair sur le film de la barquette.
La procédure est un rappel volontaire, sans arrêté préfectoral — c’est le cas de la grande majorité des rappels alimentaires en France, et cela ne dit rien de la gravité du risque. La distribution était nationale, pas régionale : aucun département n’est épargné.

Pourquoi le STEC n’est pas un microbe comme les autres
Les Escherichia coli shiga-toxinogènes, abrégés STEC, ne provoquent pas une simple gastro-entérite. Ils produisent une toxine — la shiga-toxine — qui attaque la paroi des vaisseaux sanguins. Les premiers symptômes apparaissent dans la semaine qui suit la consommation : douleurs abdominales, diarrhées parfois sanglantes, vomissements, avec ou sans fièvre.
C’est la suite qui inquiète les autorités sanitaires. Dans 5 à 8 % des cas, l’infection évolue vers un syndrome hémolytique et urémique, une atteinte rénale grave qui touche en priorité les jeunes enfants et peut nécessiter une dialyse. C’est exactement le motif qui avait conduit, quelques jours plus tôt, au rappel d’une viande hachée vendue chez Lidl, et plus tôt encore à celui d’un cantal au lait cru chez Carrefour.
Un point mérite d’être dit clairement, parce qu’il est souvent mal compris : une viande contaminée par un STEC n’a ni odeur ni couleur anormale. Elle ne « tourne » pas. Le nez et l’œil ne servent à rien ici — seul le numéro de lot tranche.
Ce que la cuisson change, et ce qu’elle ne change pas
Contrairement à l’histamine du poisson ou à certaines toxines de moisissures, le STEC est détruit par la chaleur. Une cuisson à cœur, jusqu’à ce qu’il ne reste plus de rose au centre du steak, élimine la bactérie. C’est la raison pour laquelle les autorités recommandent depuis des années de servir la viande hachée bien cuite aux enfants de moins de 5 ans, aux personnes âgées et aux personnes immunodéprimées.
Mais cela ne fait pas de la cuisson une solution au rappel, pour deux raisons. D’abord parce que la consigne officielle est de ne pas consommer le produit, pas de le cuire davantage. Ensuite parce que le vrai risque, avec de la viande hachée crue contaminée, se joue avant la poêle : les mains, la planche, le couteau, l’évier. Une contamination croisée vers une salade ou un pain qui ne passeront pas à la cuisson suffit à transmettre la bactérie.
Si vous avez manipulé l’une de ces barquettes, le réflexe utile est donc de laver à l’eau chaude savonneuse tout ce qui l’a touchée, plan de travail compris — le même geste que celui qui protège du reste des risques liés à la chaîne du froid entre le magasin et le frigo.
Que faire si vous en avez chez vous
La conduite à tenir tient en une ligne : ne plus consommer le produit et le rapporter au point de vente, qui procède au remboursement. Il n’est pas nécessaire d’avoir conservé le ticket de caisse pour un rappel sanitaire.
Si le produit a déjà été jeté et qu’il a été consommé, la recommandation officielle est de consulter un médecin en signalant cette consommation, en particulier si des symptômes digestifs apparaissent dans les jours qui suivent. Chez un jeune enfant, une diarrhée sanglante après consommation de viande hachée est un motif de consultation sans attendre.
Enfin, si vous avez congelé la barquette en pensant gagner du temps sur la DLC : la congélation ne détruit pas les STEC, elle les met en pause. Le produit reste concerné par le rappel.